Figue de barbarie : pourquoi les pépins et pas le fruit complet ?

Figue de barbarie : pourquoi les pépins et pas le fruit complet ?

Sous sa peau colorée et sa chair généreuse, la figue de Barbarie renferme de nombreuses petites graines. Elles paraissent presque insignifiantes à côté du fruit. Et pourtant, lorsqu’il est question de soin de la peau, c’est précisément vers elles que l’on se tourne.

L’huile de pépins de figue de Barbarie est aujourd’hui particulièrement recherchée en cosmétique naturelle. Sa réputation tient à sa composition, mais aussi à la manière dont elle est obtenue : lentement, à partir d’une matière première dont le rendement est naturellement faible.

Alors pourquoi extrait-on une huile des pépins plutôt que du fruit dans son ensemble ?

Tout commence à l’intérieur du fruit

La figue de Barbarie est le fruit du figuier de Barbarie, Opuntia ficus-indica, un cactus particulièrement bien adapté aux climats chauds et arides.

Sa chair est riche en eau. Agréable à consommer, elle contient naturellement des sucres, des fibres ainsi que différents composés végétaux. Mais lorsqu’on cherche à obtenir une véritable huile végétale, ce n’est pas cette partie charnue qui nous intéresse le plus.

L’huile se trouve principalement dans les petites graines contenues au cœur du fruit.

À l’image de nombreuses huiles végétales — amande, argan, tournesol ou sésame — ce sont les graines qui renferment les lipides que l’on peut extraire par pression.

C’est donc une distinction essentielle : l’huile de pépins de figue de Barbarie n’est pas un jus de fruit transformé en huile. Elle provient directement des graines.

Des pépins minuscules, une huile précieuse

Il suffit d’observer une figue de Barbarie ouverte pour comprendre une partie de sa rareté.

Les pépins sont nombreux, mais très petits. Et chacun ne contient qu’une quantité limitée d’huile.

Il faut donc récolter les fruits, récupérer leurs graines, les séparer de la pulpe, les nettoyer puis les sécher avant de pouvoir procéder à leur extraction.

Lorsque l’huile est obtenue par pression à froid, les graines sont ensuite pressées mécaniquement, sans recourir à des températures élevées destinées à accélérer le procédé.

Le résultat est une huile précieuse dont la production demande une quantité importante de matière première pour un volume final relativement faible.

C’est également ce qui explique pourquoi quelques gouttes suffisent généralement à chaque utilisation : derrière chacune d’elles se trouve une matière première particulièrement concentrée.

Pourquoi ne pas presser le fruit entier ?

Tout simplement parce que sa composition est différente.

La chair de la figue de Barbarie est principalement constituée d’eau. Elle possède ses propres qualités nutritionnelles et végétales, mais elle ne contient pas la même concentration en lipides que ses graines.

Presser le fruit dans son ensemble donnerait donc essentiellement un jus, et non l’huile végétale recherchée en cosmétique.

Les pépins constituent, eux, une petite réserve naturelle de matières grasses destinée à la graine. C’est dans cette fraction que l’on retrouve notamment différents acides gras ainsi que certains composés naturellement présents dans l’huile.

Ce sont précisément ces éléments qui donnent à l’huile de pépins de figue de Barbarie son intérêt pour le soin de la peau.

Une composition naturellement riche

L’huile de pépins de figue de Barbarie se distingue notamment par sa teneur élevée en acide linoléique, un acide gras essentiel appartenant à la famille des oméga-6.

Elle contient également de l’acide oléique, ou oméga-9, ainsi que des acides gras présents en proportions plus modestes, comme les acides palmitique et stéarique.

À cette composition lipidique viennent s’ajouter des composés tels que les tocophérols, appartenant à la famille de la vitamine E, ou encore les phytostérols.

Un ensemble naturellement intéressant pour une huile destinée aux soins du visage et du corps.

Sur la peau, cela se traduit par une huile à la fois nourrissante et émolliente, particulièrement appréciée pour aider à préserver la souplesse de la peau et à limiter les sensations de sécheresse.

Et contrairement à ce que son caractère précieux pourrait laisser imaginer, elle s'utilise avec beaucoup de simplicité : quelques gouttes chauffées entre les mains suffisent pour prendre soin du visage, du cou ou du décolleté.

Huile de figue de Barbarie ou huile de pépins : quelle différence ?

C’est ici que les appellations peuvent parfois prêter à confusion.

Dans le langage courant, on rencontre fréquemment l’expression « huile de figue de Barbarie » pour désigner l’huile extraite de ses pépins. Les deux formulations peuvent donc parler du même produit.

Pour savoir ce que contient réellement un soin, mieux vaut regarder son nom INCI.

Pour une huile pure issue des graines, on retrouve :

Opuntia Ficus-Indica Seed Oil.

Il faut en revanche la distinguer du macérât huileux de figue de Barbarie.

Dans ce cas, la plante ou certaines de ses parties sont mises à macérer dans une autre huile végétale afin d'y transférer une partie de leurs composés. Le produit obtenu peut être intéressant, mais sa nature est différente : il ne s’agit pas d’une huile directement extraite des pépins.

Pour une huile de pépins pure, la liste des ingrédients peut ainsi se résumer à une seule ligne.

La valeur d’une huile tient aussi à ce que l’on ne voit pas

Un petit flacon d’huile de pépins de figue de Barbarie peut sembler simple.

Une huile, un flacon, quelques gouttes.

Mais cette simplicité est justement le résultat d’un long chemin : des fruits arrivés à maturité, des graines récupérées et préparées avec soin, puis une extraction permettant d’obtenir une quantité limitée d’huile.

Comprendre pourquoi l’on utilise les pépins permet aussi de mieux comprendre la valeur de cette matière première.

La figue de Barbarie offre beaucoup. Mais lorsqu’il s’agit de produire son huile végétale, l’essentiel se cache dans ce qu’elle a de plus petit : ses graines.